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14/03/2012

Benjamin Lancar, 26 ans, président des Jeunes UMP

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Benjamin Lancar est un jeune qui aime les défis. C’est ce qui le rend « heureux ». Et aujourd’hui, à seulement 26 ans, ce parisien d’origine relève celui de mener de front plusieurs mandats électifs et des études qu’il poursuit à côté. Un emploi du temps bien rempli pour un jeune qui vit pleinement sa passion pour la politique.

 Un jeune sur tous les fronts

 Cette passion est apparue il y a dix ans. En 2002, à seulement 17 ans, Benjamin s’encarte à l’UMP alors que le parti vient tout juste de naître. C’était une année « marquante », il y avait eu le 11 septembre et Jean-Marie le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Mais ce n’est qu’après avoir passé le bac et les concours d’écoles de commerce que Benjamin commence réellement à militer. Et à 22 ans, il devient président des Jeunes Populaires.

 Depuis, le rythme de travail est effréné, les journées archi remplies entre les Jeunes Populaires, le Conseil régional et la préparation aux concours administratifs: « ça laisse peu de temps pour dormir et avoir une vie privée. Physiquement, c’est intense. Il y a des caps, pendant les trois premiers mois vous ne voyez pas le jour ». Mais aujourd’hui, Benjamin s’est habitué au rythme, arrive quand même à profiter de sa vie personnelle, va au cinéma et au théâtre : « le dimanche matin je vais sur ticketac.com ou billetsreduc.com et j’achète des places pas cher pour l’après-midi, je trouve que ça change ma journée ! ». Grand fan de foot et du PSG, il continue aussi à suivre l’actualité sportive. Et en ce jour de jeûne dans la religion juive, Benjamin a même réussi à rentrer chez lui et regarder des clips à la télé : « un truc que j’avais pas fait depuis longtemps, j’étais hyper content ! ».

 Réussir dans un monde en crise

 Quatre ans que Benjamin côtoie le monde de la politique mais il n’oublie pas d’où il vient. Il en parle même beaucoup. De ses parents, des rapatriés d’Afrique du nord. De son milieu d’origine, modeste. Son père, écrivain, fait les marchés à 5h du matin et s’en va souvent griffonner des papiers au Café de Flore à Saint Germain. Benjamin aime aller le voir avant de commencer les cours. Il sait que « c’est important », que « ses parents ne seront pas éternels ». Sa soif de défis, comme une manière de leur rendre hommage ? Car lui qui eu la chance de faire de belles études ne se considère pas comme un « jeune favorisé », rien ne le « prédestinait à faire les Grandes Ecoles ». Mais il a travaillé dur car dans un monde en crise, « un diplôme reste le meilleur bouclier ».

 Et justement cette crise, la ressent-il aujourd’hui? En tant que jeune travaillant en politique, il répond que non. Ses revenus sont confortables : Benjamin gagne 2200 euros au Conseil régional et est indemnisé à l’UMP. Soit un peu plus de 3000 euros net par mois. En revanche, il dit ressentir la crise à travers son entourage : « Au firmament de la crise en 2009, mes potes de promo ont mis du temps pour trouver un CDI, même en ayant fait HEC. C’est un indicateur ! J’ai aussi des amis qui ont du prolonger leurs études… ».

 Au Conseil régional, il reçoit également des personnes en situation de « grave précarité ». Alors Benjamin fait des courriers aux entreprises et aux chambres de commerce pour tenter de les aider : « tous les lundis entre 15h et 17h, j’ai un job d’assistant social et je l’assume ».

 Quant à Benjamin, il dit avoir subi la méfiance d’un milieu bancaire devenu très frileux. Alors qu’il voulait acheter un petit appartement à Paris, il a en effet souhaité contracter un emprunt sur 25 ans mais sa banque a exigé une caution parentale : « Même moi qui ai fait HEC, Sciences Po, qui prépare l’ENA, qui suis conseiller régional et président des jeunes UMP, j’ai galéré et j’ai du changer de banque. J’ai vraiment été déçu par la Société Générale, je trouve ça consternant ».

 Et après l’UMP ?

 Benjamin est indigné par ce manque de confiance envers les jeunes, mais aussi par le fait que « la réussite soit considérée comme un échec en France », que le fait de gagner beaucoup d’argent soit « honteux, louche », lui qui a été élevé « dans cette idée que quand on veut, on peut ». Il aime l’âme des pionniers chère aux Américains. C’est pour cela qu’il est de droite.

 C’est aussi pour cela qu’il continue de soutenir Nicolas Sarkozy. Il fait le bilan du quinquennat. La réforme des retraites, la réforme de l’enseignement supérieur, le service minimum et le rayonnement international de la France sont les mesures dont il est « le plus fier ». En revanche, il regrette « l’erreur » d’un budget en déséquilibre voté en 2007 alors que la France était largement endettée, il regrette également cette TVA sociale « instaurée trop tardivement », et « ces affres de communication qui ont nui à Nicolas Sarkozy ».  

 En août, Benjamin quittera ses fonctions de président des jeunes UMP. Il se retourne sur les années de son mandat: « J’ai vécu quatre années heureuses même si j’ai pris des coups. Le fait d’avoir vécu ma passion m’a un peu libéré, me donne aujourd’hui une forme de liberté ». Et cette liberté sera peut-être celle de s’éloigner quelques temps du monde de la politique : « Là j’ai beaucoup vécu sur le devant de la scène, c’est fatigant. Vous êtes toujours attaqué. Ca ne me dérangerait pas d’être dans l’ombre pendant quelques années ».

 

09:33 Écrit par Julia Van Aelst dans Jeunes Militants | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | |  Imprimer |

28/02/2012

François-Xavier Pénicaud, 28 ans, président des Jeunes Démocrates

 

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Crédit photo: Soazig de la Moissonnière


D’emblée, il se présente comme un « militant de tripes ». C’est vrai que quand il parle, c’est le poing sur la table, porté par une certaine fougue. Tout autour de lui, des open spaces disséminés un peu partout entourés de murs blancs et d’une moquette bleue. Nous sommes dans les quartiers de François Bayrou, rue de l’Université à Paris. Dehors, tous les stores sont oranges, couleur du parti du Mouvement démocrate.  

 Militantisme et galères financières

 François-Xavier Pénicaud y travaille à plein temps depuis le début de la campagne et cela fait maintenant un an et demi qu’il est le Président des Jeunes du Modem. D’ordinaire, François-Xavier est bénévole: « C’est un choix politique, on cherche à avoir des jeunes qui ont les pieds sur terre. L’intéressement politique ne doit pas être un intéressement financier ». Pourtant, exception est faîte en temps de campagne. Pendant quatre mois, il sera donc rémunéré au Smic.

 Financièrement, François-Xavier est un jeune qui connaît la galère: « Avant que je touche mon premier Smic de campagne, j’étais déjà dans une situation financière totalement exsangue, je me suis endetté ». A l’époque, il avait créé une petite entreprise innovante. Mais pris par son emploi du temps de bénévole au Modem, François-Xavier a rapidement du geler son activité professionnelle et s’est s’endetté auprès de ses amis, jusqu’à 2000 euros en six mois, « ce n’est pas anodin ».

 Aujourd’hui, il gagne le Smic mais tout son argent passe dans les frais de campagne : déplacements en train, restaurants ou apéros avec les militants, impression de tracts… Or, avec le décalage entre le paiement et le remboursement des frais, François-Xavier qui n’a pas une énorme trésorerie se retrouve souvent à découvert. Heureusement, il a la chance de ne pas payer de loyer, son père lui ayant prêté une « petite bicoque » à Châtillon en banlieue parisienne. C’est là qu’il vit pour les quatre mois de la campagne : « Le deal c’est que je la retape un peu en échange de ne pas payer de loyer. Sinon financièrement, ça ne serait pas possible! ».

 Autour de lui, les sentiments de la crise

 François-Xavier a remarqué une chose ces derniers temps : son banquier est « de plus en plus rigide ». Parfois il ne met pas le chèque en attente ou rejette un TIP… Conséquence de la crise ? Pour le jeune militant Modem, c’est est certain. Il remarque autour de lui que les gens sont « de moins en moins solidaires financièrement », il remarque des « fragilités, des peurs personnelles ». Il trouve les jeunes « méga flippés », pétris d’un sentiment de « no future ».

 Les jeunes justement… Entre ceux qui travaillent dans les grandes entreprises, de plus en plus « aigris, acides, cyniques car ils sont les variables d’ajustement de la flexibilité ». Entre ceux qui, un peu honteux, disent au coin de l’oreille quand leurs aînés sont partis: « On s’est un peu fait entubés par la génération d’avant. On s’est fait avoir dans l’affaire, nous on aura pas de retraites ». Et les jeunes des quartiers sensibles qui « se fréquentent entre chômeurs, qui se sentent hors du monde » mais qui ont « la niaque et une énergie monumentale ». Toutes ces scènes, François-Xavier les vit lors de ces déplacements sur les routes de France.

 Il reconnaît à Nicolas Sarkozy cette « énergie qui dit qu’on peut faire des choses ». Mais cette énergie se serait malheureusement transformée en « frénésie, absence de vision, incohérences, clientélisme, communication, ». Un monde politique régit par les lois de la communication mais des individus de plus en plus isolés dans une société de la non-communication. Cruel paradoxe pour François-Xavier : « Dans mon immeuble à Bron près de Lyon, je suis le seul à connaître tous mes voisins! C’est terrible, les gens ne se connaissent plus, ne partagent plus ».

Une aventure humaine qui vaut tous les sacrifices

 C’est sûrement pour cela qu’il est engagé. Pour découvrir des « gens et des profils différents, même si c’est vrai qu’on a des relations superficielles avec eux ». Cette aventure humaine, comme il la nomme, vaut sûrement tous les sacrifices. Car il ne voit sa petite-amie qu’une fois par mois, ne voit presque plus ni ses amis, ni sa famille, ne part plus en week-ends : « Ca me fait de la peine, il y a des moments où c’est vraiment difficile ».

 François-Xavier trouve encore parfois le temps de bouquiner dans le train, de regarder des films et des mangas le soir sur son ordinateur. « Geek et pirate assumé », il télécharge, visionne en streaming, joue sur son portable dans le métro, regarde « Bref » et le « Petit Journal » quasiment tous les jours…Ce sont ces petits plaisirs, au même titre que « la bonne bouffe ». On ne vient pas de Lyon pour rien… Et pour François-Xavier, rien de tel qu’un verre de vin de rouge, de préférence Beaujolais, Morgon ou Saint Amour pour se détendre après une longue journée de travail.

Julia Van Aelst

12:27 Écrit par Julia Van Aelst dans Jeunes Militants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

07/02/2012

Thierry Marchal-Beck, 26 ans, président des Jeunes Socialistes

 

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Thierry Marchal-Beck est assis dans son bureau presque intégralement peint de blanc, sous le velux des combles du dernier étage de la rue de Solférino. Sur les tables trainent des journaux papier, le programme du candidat socialiste, des badges ronds multicolores avec le même slogan : « Les Jeunes avec Hollande ».

 Cela fait maintenant quatre mois que Thierry est le porte-voix des jeunes auprès du Parti Socialiste. A 26 ans, après un CDD de quelques mois au Ministère de la défense, c’est un CDD de deux ans qu’il a décroché au PS. Une suite logique pour ce jeune socialiste qui a commencé à militer il y a dix ans, sur les bancs du lycée de sa Lorraine natale. Ses parents étaient enseignants, proviseurs, et on avait l’habitude chez les Marchal-Beck de parler « valeurs républicaines pendant les dîners ». Puis quand il a grandi, Thierry a rapidement réalisé que « quand on se réunissait à plusieurs, qu’on pensait la même chose et qu’on décidait d’agir, on pouvait bouger des montagnes ». Et aujourd’hui c’est ce qu’il tente de faire aux MJS.

 Travaillant à temps complet pour les MJS, Thierry est indemnisé à hauteur du SMIC et son abonnement téléphonique est remboursé. A Paris, cela fait peu et Thierry l’admet bien volontiers. Même s’il n’est « pas à plaindre », il fait franchement attention et ne rechigne sur aucune petite économie : « par exemple, tous les jours j’enlève le disjoncteur sur le chauffe-eau car il fonctionne mal et je n’ai pas de quoi le réparer ». L’alimentation ? Elle se résume aux pâtes et au pesto car « ça se fait rapidement et c’est ce que je peux m’acheter ». Finalement, Thierry l’avoue avec humour, il a gardé le même menu que pendant ses années étudiantes…Quant à sa machine à laver, c’est simple, il n’en a pas et son but dans la vie est de gagner un peu plus et d’avoir un appartement qui lui permette d’en acheter une. Il rigole : « c’est quand je vais au Lavomatic toutes les semaines que je me rappelle que je suis au SMIC ! ».

 Heureusement, ses parents l’aident, notamment pour le logement, l’assurance et la mutuelle. Thierry, qui habite avec sa compagne dans un logement appartenant à la famille de celle-ci, ne paie que 150 euros de loyer par mois. Et il l’affirme haut et fort, c’est la raison pour laquelle il s’en sort : « Si j’avais un loyer normal, je ne sais pas comment je ferai ».

 Mais au final, le Président des MJS est un jeune qui sait voir où sont ses priorités. Pour lui, l’important est d’être heureux dans ce qu’il fait. Alors oui, « le fait de se réaliser personnellement compense la faiblesse du salaire » et les difficultés de la vie quotidienne semblent adoucies par les joies de l’engagement politique.

 A côté, il voit ses amis mais aussi ses frères et sœurs galérer. Et c’est sûrement cela qui le pousse à défendre les intérêts de la jeunesse au sein de son parti. Il se considère d’ailleurs comme un « vigie », un porte-voix pour améliorer la situation des jeunes en France. Et c’est à travers eux qu’il ressent la crise. Quand il voit sa sœur qui a quitté la France pour travailler dans l’hôtellerie en Angleterre car « malgré ses diplômes, elle ne trouvait du travail que chez Flunch ». Ou ses amis de Lorraine qui ne trouvent pas de travail et qui sont en « première ligne ». Lui considère qu’il a eu de la chance, embauché deux mois après l’obtention de son diplôme avec un salaire, certes pas mirobolant mais qui tombe tous les mois.

 Il parcourt la France, rencontre des jeunes de tous les âges et de tous les horizons, d’un lycée pro à une grande école, d’une fac à un CFA… Ce qu’il reproche à Nicolas Sarkozy en tant que jeune socialiste, c’est finalement ça : d’avoir laisser la jeunesse se précariser : « Quand je vois mes potes qui ont BAC+5 et qui enchaînent des stages à 400 euros pendant deux ans et on considère que c’est normal, ou quand je vois un de mes amis de 29 ans qui est déjà à faire des prêts à la consommation pour rembourser ses anciens prêts à la consommation… Là on a un bel échec social ». Un échec social mais surtout tout un système à revoir. Alors aujourd’hui, les jeunes semblent se diviser entre « ceux qui bénéficient de la solidarité familiale et ceux qui ne l’ont pas ». Pour Thierry, c’est la nouvelle grande inégalité.

 A côté de ses journées de militant, Thierry semble avoir des plaisirs simples. Il dit aimer sortir, prendre du temps, parler avec les gens : « finalement, tant qu’on se nourrit, qu’on se loge et qu’on peut s’habiller, derrière ce qui compte ce sont les amis, les familles, la vie personnelle ». Il adore aussi regarder des séries le soir avant d’aller se coucher, mais la récente fermeture de MegaUpload a laissé Thierry dans un état de réel désespoir : « c’est la grande crise de ma vie ces dernières semaines ! ». Va-t-il se rabattre sur le cinéma ? Pas le temps et trop cher. Les musées et expositions ? Pas le temps et trop cher. Mais « ce qui est bien avec le Mouvement des Jeunes socialistes, c’est d’être abonné au Monde ». Alors Thierry continuera de le lire tous les jours, comme un petit rituel dont il ne dérogera pas.

Julia Van Aelst

12:05 Écrit par Julia Van Aelst dans Jeunes Militants | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |  Imprimer |

 
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