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03/02/2012

Edito #2 : Et les jeunes militants dans tout ça ?

J-3 mois avant le premier tour de l’élection présidentielle !  A cette occasion, « une jeunesse (extra)ordinaire » évolue…

 

 5926932563_Les-logos-des-partis-politiques.jpgIl y a des jeunes en France qui ont décidé de consacrer une partie de leur vie quotidienne à l’engagement politique, à la défense de leurs idées.

 Beaucoup sont habitués des manifestations, mais aussi des plateaux télé où ils viennent déclamer des discours souvent bien rôdés.

 Mais à côté de ces déclarations politisées, on ne sait finalement que peu de choses sur la vie et les questionnements personnels de ces jeunes.

 La nouvelle rubrique intitulée « Jeunes militants » sera ainsi l’occasion de leur donner la parole.

Objectif ?  Saisir la nature de leur quotidien au même titre que les « anonymes » non politisés, et comprendre de quelle manière ils participent au débat sur la jeunesse.

 La semaine prochaine, place donc à Thierry Marchal-Beck, Président des Jeunes Socialistes.

12:42 Écrit par Julia Van Aelst dans Editos | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer |

01/02/2012

Jean-François, 28 ans, prof de tennis

 

 

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 La terre battue, les balles, les raquettes, les matches… Jean-François a ça dans le sang depuis tout petit. Le tennis, c’est un peu toute sa vie, du moins une grande passion. Plus jeune, il était classé 1-6 et enchaînait les tournois de seconde série dans toute la France. Jean-François, de grande taille et très athlétique, a toujours été un grand sportif.

 Pourtant, quand il a du choisir son métier à la sortie du Bac, il avait hésité à entamer une carrière plus balisée et mieux payée dans l’informatique. Mais la passion a finalement pris le dessus: « Je ne me voyais pas du tout passer quarante ans dans un bureau derrière un ordinateur ». Alors il s’est lancé dans le sport, « quitte à gagner moins ».

 Aujourd’hui, Jean-François n’a plus le temps de jouer dans des tournois mais il enseigne avec plaisir. Il travaille en horaires décalés, finit généralement sur les coups de 22h le soir. Cela ne lui pose pas de problème, les journées passent vite, surtout quand il enseigne aux enfants. Finalement, il ne considère pas vraiment son métier comme un labeur quotidien: « J’ai l’impression de ne pas travailler, je suis payé pour ce que j’aime et c’est une énorme chance ».

 Une énorme chance qui ne l’empêche pas d’être profondément angoissé par la crise économique. En tant que professeur de tennis, Jean-François gagne 1200 euros net par mois en salaire fixe, soit un montant proche du SMIC. Mais à cela s’ajoute les heures qu’il donne en cours particuliers et qui sont comptabilisées en libéral. Ce sont ces heures qui lui permettent de mieux vivre et d’avoir un meilleur salaire à la fin du mois, jusqu’à 1800 euros.

 Pourtant, malgré les heures sup’, Jean-François dit s’en sortir grâce au « Système D ». Il revend de raquettes ou achète des places de cinéma à prix cassés sur internet, prend le vélib au lieu d’utiliser sa voiture quand il ne fait pas trop froid, achète ses voyages en dernière minute ou très longtemps à l’avance, ne part jamais en juillet-août…

 Face à la vie chère et face à une crise qui n’en finit pas, Jean-François dit ressentir beaucoup d’appréhension. Cette angoisse, il la calme en mettant un maximum d’argent de côté car « on ne sait jamais », et en travaillant le plus possible: « depuis 5 ans, je n’ai jamais refusé aucune heure de travail ».

 Il a tellement entendu d’histoires racontées par ses élèves avocats, ingénieurs, patrons. Des histoires sur des vieux retraités locataires d’appartements touchés par la précarité et qui n’arrivent pas à s’en sortir. Jean-François, lui, est prévoyant, il investira le plus vite possible dans la pierre pour se prémunir contre les aléas de la vie. Alors il cherche : « Je continue à regarder, mais j’oublie Paris, c’est vraiment cher ». Et avec ses 100 000 euros d’apport, il pense s’acheter un F2 en banlieue parisienne.

 Jean-François se sent réellement indigné par la vie chère et se dit prêt à aller manifester dans les rues. Il a l’impression qu’on prend tout le monde pour des « pigeons », exemple récent avec la téléphonie mobile. Avec la sortie fracassante de Free Mobile, Jean-François s’est tout d’un coup rendu compte que les opérateurs historiques en avaient quelque part profité pendant plusieurs années : « Si Xavier Niel n’était pas arrivé, on aurait encore payé pendant dix ans des forfaits hors de prix. Grâce à Free, j’ai vingt euros de plus à la fin du mois et si tu cumules tout, à la fin de l’année, je peux m’acheter quelque chose, me faire plaisir ».

 Le problème de la vie chère est donc le sujet qui lui tient le plus à cœur et c’est sans doute ce qu’il regardera dans les propositions des candidats. Mais pour l’heure Jean-François est indécis et il pose un regard assez désabusé sur des candidats et sur une droite/gauche qu’il considère comme interchangeables : « Que ce soit Sarkozy ou un autre, je me demande ce qu’il va pouvoir réellement changer. On est frappé de plein fouet et je ne sais pas qui va pouvoir arranger ça ».

 En 2007, il avait voté pour Nicolas Sarkozy mais cette année, il ne va « peut-être pas voter pour lui ». Pourquoi ? Car il n’a pas aimé « tout ce qu’il y a eu autour du personnage comme les lunettes Ray-ban, le bling-bling, les vacances sur les yachts. » Jean-François « galère et se lève tôt » et il a du mal à digérer ce gouffre avec les élites politiques.  A gauche, il a écouté les propositions de François Hollande mais elles ne l’ont pas marqué plus que ça : « Je suis très fataliste, je me dis que c’est encore des paroles, à chaque fois on propose des mesures et au final ce n’est pas tenu. » Alors oui, Jean-François ira voter, « mais sans espérer ».

11:34 Écrit par Julia Van Aelst dans A visages découverts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

25/01/2012

Hannah, 29 ans, de Netanya (Israël)

 

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Hannah* est originaire de Netanya, une ville située à 30km de Tel Aviv au bord de la Méditerranée. Après avoir effectué son service militaire et avoir travaillé sept mois aux Etats-Unis, elle décide à 26 ans de quitter provisoirement Israël pour « voir le monde ». Elle vit à Paris depuis trois ans, où elle enseigne l’hébreu.

 

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Pourquoi être venue à Paris après ton séjour aux Etats-Unis?

 Au départ, je pensais partir au Canada à Montréal mais c’était trop compliqué alors finalement je suis venue à Paris. Le pays m’a toujours attiré car j’ai des origines françaises, mon père est français en fait. Ce n’est donc pas par hasard si je suis ici, c’était une manière de me retrouver moi et mes origines ! Mais c’était aussi une sorte de fuite pour ne pas me confronter à la réalité en Israël. A l’époque j’avais un petit-ami depuis dix ans, on parlait mariage, je me sentais oppressée, je voulais fuir ça. 

 

 Que fais-tu à Paris depuis trois ans ?

 J’enseigne l’hébreu dans une association, plusieurs centres communautaires et je donne des cours particuliers. Financièrement, je m’en sors pas mal, je gagne environ 2000 euros par mois. En fait, je ne ressens pas du tout la crise ici, au contraire, dans mon secteur il y a du travail !

 

 Toi qui as 29 ans et qui fréquentes des jeunes français, quel regard portes-tu sur eux ?

 Je trouve que les jeunes français sont passionnés, profonds, sensibles et ils ont plein de centres d’intérêts. Je trouve qu’ils sont curieux et très cultivés, une chose qu’on retrouve peu chez la plupart des jeunes Israéliens qui sont plus dans un état d’esprit d’alerte, de survie, donc qui ont moins de temps à consacrer à la vie culturelle.

 

 Une jeunesse française ouverte, cultivée donc …

 Oui, mais en revanche je pense qu’ils sont très gâtés. Je me souviens, une des premières fois où j’ai allumé la télé quand je suis arrivée en France, il y avait des jeunes qui se plaignaient car ils devaient travailler à côté de leurs études et ça m’a beaucoup choqué. En Israël, on ne se pose même pas la question, c’est évident qu’on doit travailler à côté des études, mais aussi avant de les commencer pour pouvoir les financer. Donc d’une certaine manière, je trouve que les jeunes se plaignent beaucoup. Ils disent que c’est dur, que ce qu’ils font ne les intéresse pas, qu’il y a une crise économique …

 

 Selon toi, en quoi les jeunes Israéliens sont-ils différents?

 Je pense qu’ils sont plus dégourdis, ils foncent, ils ne se posent pas de questions, ils sont dans la survie. Ils ont besoin de gagner leur vie donc ils y vont et prennent ce qu’il y a. Ils sont très ambitieux quand ils sont au travail, ils essaient toujours de se surpasser, de mieux faire.

 

 La notion de dépassement de soi a l’air importante en Israël…

 Oui, en Israël, les jeunes sont constamment en dépassement, ils mettent de côté les sentiments qu’ils ressentent comme l’inquiétude ou la solitude. C’est un aspect que je retrouve peu chez les jeunes en France. Ici, les Français sont très proches de leur ressenti, ils disent par exemple « non là je ne le sens pas donc je ne fais pas » mais parfois, il ne faut pas attendre de ressentir, il faut juste faire pour s’en sortir. J’ai donc l’impression que parfois, ils ont donc du mal à se faire violence. Mais bon au final, il manque aussi un peu de sentiments en Israël…

 

 Est ce que la société israélienne met en valeur sa jeunesse ?

 Oui, dans le monde du travail on préfère les jeunes que les plus âgés. Ils aiment leur dynamisme, leur motivation, leur côté novateur. En Israël, on embauche les jeunes et on les forme, il y a un réel investissement.

 

Est-ce que les jeunes israéliens trouvent du travail facilement après leurs études ?

 C’est parfois difficile mais ils prennent ce qu’il y a. Ils ne choisissent pas. Je n’ai pas eu beaucoup d’amis au chômage, moi non plus je n’ai jamais connu ça. Par exemple quand j’étais étudiante, je faisais un stage et je travaillais en plus. Quand tu sors de l’armée, tu peux de fait rester au chômage pendant six mois pour trouver du travail mais au final, les jeunes essaient tout de suite de se débrouiller, c’est assez mal vu de ne rien faire.

 

 Comme en France, vous devez faire des stages pour trouver du travail ?

 Oui on doit souvent faire des stages. Moi j’en ai fait un pendant quelques mois et je n’étais pas payée du tout. Mais il y a des stages qui sont rémunérés. Comme en France, il y a parfois des abus au niveau des stages, c’est vrai que c’est révoltant mais moi j’ai senti que je n’avais pas le choix, il fallait que je fasse quand même ce stage même s’il n’était pas rémunéré.

 

 Qu’est-ce qui est important dans la vie des jeunes Israéliens selon toi ?

 Fonder une famille est une vraie préoccupation en Israël. Les jeunes se marient tôt par rapport en France. Je crois que la famille prime sur le travail même si avoir un métier est aussi très important pour les jeunes israéliens.

 

* le prénom a été modifié

12:00 Écrit par Julia Van Aelst dans Regards d'étrangers | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

 
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