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28/02/2012

François-Xavier Pénicaud, 28 ans, président des Jeunes Démocrates

 

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Crédit photo: Soazig de la Moissonnière


D’emblée, il se présente comme un « militant de tripes ». C’est vrai que quand il parle, c’est le poing sur la table, porté par une certaine fougue. Tout autour de lui, des open spaces disséminés un peu partout entourés de murs blancs et d’une moquette bleue. Nous sommes dans les quartiers de François Bayrou, rue de l’Université à Paris. Dehors, tous les stores sont oranges, couleur du parti du Mouvement démocrate.  

 Militantisme et galères financières

 François-Xavier Pénicaud y travaille à plein temps depuis le début de la campagne et cela fait maintenant un an et demi qu’il est le Président des Jeunes du Modem. D’ordinaire, François-Xavier est bénévole: « C’est un choix politique, on cherche à avoir des jeunes qui ont les pieds sur terre. L’intéressement politique ne doit pas être un intéressement financier ». Pourtant, exception est faîte en temps de campagne. Pendant quatre mois, il sera donc rémunéré au Smic.

 Financièrement, François-Xavier est un jeune qui connaît la galère: « Avant que je touche mon premier Smic de campagne, j’étais déjà dans une situation financière totalement exsangue, je me suis endetté ». A l’époque, il avait créé une petite entreprise innovante. Mais pris par son emploi du temps de bénévole au Modem, François-Xavier a rapidement du geler son activité professionnelle et s’est s’endetté auprès de ses amis, jusqu’à 2000 euros en six mois, « ce n’est pas anodin ».

 Aujourd’hui, il gagne le Smic mais tout son argent passe dans les frais de campagne : déplacements en train, restaurants ou apéros avec les militants, impression de tracts… Or, avec le décalage entre le paiement et le remboursement des frais, François-Xavier qui n’a pas une énorme trésorerie se retrouve souvent à découvert. Heureusement, il a la chance de ne pas payer de loyer, son père lui ayant prêté une « petite bicoque » à Châtillon en banlieue parisienne. C’est là qu’il vit pour les quatre mois de la campagne : « Le deal c’est que je la retape un peu en échange de ne pas payer de loyer. Sinon financièrement, ça ne serait pas possible! ».

 Autour de lui, les sentiments de la crise

 François-Xavier a remarqué une chose ces derniers temps : son banquier est « de plus en plus rigide ». Parfois il ne met pas le chèque en attente ou rejette un TIP… Conséquence de la crise ? Pour le jeune militant Modem, c’est est certain. Il remarque autour de lui que les gens sont « de moins en moins solidaires financièrement », il remarque des « fragilités, des peurs personnelles ». Il trouve les jeunes « méga flippés », pétris d’un sentiment de « no future ».

 Les jeunes justement… Entre ceux qui travaillent dans les grandes entreprises, de plus en plus « aigris, acides, cyniques car ils sont les variables d’ajustement de la flexibilité ». Entre ceux qui, un peu honteux, disent au coin de l’oreille quand leurs aînés sont partis: « On s’est un peu fait entubés par la génération d’avant. On s’est fait avoir dans l’affaire, nous on aura pas de retraites ». Et les jeunes des quartiers sensibles qui « se fréquentent entre chômeurs, qui se sentent hors du monde » mais qui ont « la niaque et une énergie monumentale ». Toutes ces scènes, François-Xavier les vit lors de ces déplacements sur les routes de France.

 Il reconnaît à Nicolas Sarkozy cette « énergie qui dit qu’on peut faire des choses ». Mais cette énergie se serait malheureusement transformée en « frénésie, absence de vision, incohérences, clientélisme, communication, ». Un monde politique régit par les lois de la communication mais des individus de plus en plus isolés dans une société de la non-communication. Cruel paradoxe pour François-Xavier : « Dans mon immeuble à Bron près de Lyon, je suis le seul à connaître tous mes voisins! C’est terrible, les gens ne se connaissent plus, ne partagent plus ».

Une aventure humaine qui vaut tous les sacrifices

 C’est sûrement pour cela qu’il est engagé. Pour découvrir des « gens et des profils différents, même si c’est vrai qu’on a des relations superficielles avec eux ». Cette aventure humaine, comme il la nomme, vaut sûrement tous les sacrifices. Car il ne voit sa petite-amie qu’une fois par mois, ne voit presque plus ni ses amis, ni sa famille, ne part plus en week-ends : « Ca me fait de la peine, il y a des moments où c’est vraiment difficile ».

 François-Xavier trouve encore parfois le temps de bouquiner dans le train, de regarder des films et des mangas le soir sur son ordinateur. « Geek et pirate assumé », il télécharge, visionne en streaming, joue sur son portable dans le métro, regarde « Bref » et le « Petit Journal » quasiment tous les jours…Ce sont ces petits plaisirs, au même titre que « la bonne bouffe ». On ne vient pas de Lyon pour rien… Et pour François-Xavier, rien de tel qu’un verre de vin de rouge, de préférence Beaujolais, Morgon ou Saint Amour pour se détendre après une longue journée de travail.

Julia Van Aelst

12:27 Écrit par Julia Van Aelst dans Jeunes Militants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

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