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15/02/2012

Alexis, 25 ans, C.R.S

 

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 Depuis trois ans, Alexis* parcourt la France avec ses collègues de la Police afin de « maintenir l’ordre » dans la population. Quand on lui demande quel est son métier, Alexis se présente comme un simple « fonctionnaire de Police ». En réalité, il est CRS mais ne souhaite pas vraiment en parler. Le terme est comme tabou, Alexis ne s’en vante pas et n’en est pas fier pour un sou. Pourquoi un tel camouflage de son activité ? Car à 25 ans, ce jeune originaire de banlieue parisienne n’aime pas son métier.   

 Au départ pompier, puis gendarme, il s’est retrouvé CRS un peu par hasard. Ce sont ses collègues, à la sortie de l’Ecole de Police de Nîmes, qui lui ont conseillé de le devenir - beaucoup d’avantages disaient-ils, faisant surtout référence aux jours de congés, jusqu’à cinq mois à l’année… Or Alexis avait besoin de temps car à côté de sa vie professionnelle, il a voulu continuer des études de sociologie à la fac. Alexis a finalement intégré le « corps d’encadrement et d’application » et s’est retrouvé à arpenter les banlieues difficiles.

 Depuis, Alexis exerce un métier qu’il n’apprécie guère. La faute à une certaine mentalité. Il y a d’abord les jugements, les jalousies intestines. Les jeunes par exemple, sont mal vus. Alexis, qui mène des études en parallèle, en fait souvent les frais : « pour eux cela signifie que je suis amené à évoluer, à atteindre des grades supérieurs, voire à quitter la Police pour un boulot avec plus d’avantages. Et ils ne supportent pas ». Ensuite, il y a la mentalité du « moins on en fait, mieux on se porte » qu’Alexis ne cautionne pas : « on peut se retrouver à faire des missions fantômes, par exemple aller dans une cité et se cacher dans une allée où il n’y a rien, on se planque et on attend !  ». Enfin, il y a une incompréhension avec ses collègues quand il s’agit des jeunes de banlieues. Lui est pour le dialogue alors « qu’il y a beaucoup de CRS plus âgés qui ne laissent pas instaurer ce dialogue-là. Ils me disent de ne pas leur parler. En fait il y a derrière une volonté de garder notre image de « méchants », de « cons écervelés », voire même de « violents ».

 Malgré tout, Alexis n’a pas l’intention de démissionner demain. Il a besoin de boulot, d’argent, et ce travail lui procure une relative sécurité en période de crise : « Je suis très prudent, si je quitte mon poste c’est pour quelque-chose de sûr qui m’apporte autant d’avantages et de garanties. Je ne partirai pas à l’aveuglette. Il y a quelques années, tu pouvais encore le faire si tu étais débrouillard. Maintenant c’est moins possible ». Mais Alexis l’admet : « la crise remet en question le fait d’avoir un travail dans lequel on s’épanouit pleinement ».

 Alors il attend patiemment le jour où il pourra faire un métier qui lui plaît. Son rêve ? Passer les concours de la diplomatie ou travailler dans la gestion de conflits et de crises. Et il y croit fort. Alexis, qui est d’un naturel optimiste, pense que ses expériences en gendarmerie et dans Police pourraient se transformer en atouts.

 En attendant, Alexis profite des avantages de son poste : « Je suis fonctionnaire, j’ai un salaire qui tombe tous les mois et je ne peux pas être viré ». Un vrai luxe en temps de crise … malgré un salaire moyen. Le jeune CRS gagne 1733 euros net par mois. Financièrement, il arrive à s’en sortir mais c’est grâce à ses parents qui ont accepté de lui verser 700 euros par mois pendant deux ans : « Sinon je n’arriverais pas à joindre les deux bouts, il ne me resterait rien à la fin du mois ».Grâce à cette aide, Alexis arrive à un peu économiser. Par exemple, il met 50 euros de côté tous les mois« pour avoir une petite réserve disponible immédiatement en cas de pépin de la vie quotidienne, genre fuite d’eau ». Celui lui permet aussi de faire face à la hausse de prix qu’il ressent énormément : « en 2004-2005 je faisais le plein de courses pour 50 euros, maintenant c’est plutôt 90 ! ».

 Politiquement, Alexis est de droite. Il votera donc Nicolas Sarkozy, plus pour l’UMP – le parti qui représente ses idées, que pour le personnage en lui-même. Ce qu’il a aimé chez Nicolas Sarkozy, ce sont toutes ses réformes. Alexis pense que la France en avait grandement besoin. En revanche, il a été dérangé par le « casse-toi pov con » : « il avait demandé à la Police d’être irréprochable, respectueuse… et en tant que Président, il se permet d’insulter quelqu’un ! ». Inacceptable aux yeux de ce jeune CRS pour qui la politesse et le respect restent des valeurs fondamentales. Il votera donc à droite en 2012, et à terme, espère quitter la France car il ne se voit pas rester dans un pays « qui renie sa culture et qui devient invivable en terme de civisme ».

Julia Van Aelst

* le prénom a été modifié

16:26 Écrit par Julia Van Aelst dans Anonymes | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |  Imprimer |

Commentaires

moi je gagne 1500 € à bac+7 (interne des hôpitaux) et mes parents ne me versent pas 700 € par mois ! qu'est ce qu'il fait de sa thune ? Un CRS gagne 1700 € ? Plus que mes parents qui sont fonctionnaires grade B+ ou C ??? Je rêve !

Écrit par : teyssières | 21/02/2012

Les crs touchent plus que tousles autres policiers grace aux primes de deplacements alors Cette personne qui se plaint et qui recoit 700 euros par mois en plus ferait bien de gerer au mieux son argent et de prendre ses responsabilites.

Écrit par : Policier | 20/08/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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