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25/01/2012

Hannah, 29 ans, de Netanya (Israël)

 

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Hannah* est originaire de Netanya, une ville située à 30km de Tel Aviv au bord de la Méditerranée. Après avoir effectué son service militaire et avoir travaillé sept mois aux Etats-Unis, elle décide à 26 ans de quitter provisoirement Israël pour « voir le monde ». Elle vit à Paris depuis trois ans, où elle enseigne l’hébreu.

 

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Pourquoi être venue à Paris après ton séjour aux Etats-Unis?

 Au départ, je pensais partir au Canada à Montréal mais c’était trop compliqué alors finalement je suis venue à Paris. Le pays m’a toujours attiré car j’ai des origines françaises, mon père est français en fait. Ce n’est donc pas par hasard si je suis ici, c’était une manière de me retrouver moi et mes origines ! Mais c’était aussi une sorte de fuite pour ne pas me confronter à la réalité en Israël. A l’époque j’avais un petit-ami depuis dix ans, on parlait mariage, je me sentais oppressée, je voulais fuir ça. 

 

 Que fais-tu à Paris depuis trois ans ?

 J’enseigne l’hébreu dans une association, plusieurs centres communautaires et je donne des cours particuliers. Financièrement, je m’en sors pas mal, je gagne environ 2000 euros par mois. En fait, je ne ressens pas du tout la crise ici, au contraire, dans mon secteur il y a du travail !

 

 Toi qui as 29 ans et qui fréquentes des jeunes français, quel regard portes-tu sur eux ?

 Je trouve que les jeunes français sont passionnés, profonds, sensibles et ils ont plein de centres d’intérêts. Je trouve qu’ils sont curieux et très cultivés, une chose qu’on retrouve peu chez la plupart des jeunes Israéliens qui sont plus dans un état d’esprit d’alerte, de survie, donc qui ont moins de temps à consacrer à la vie culturelle.

 

 Une jeunesse française ouverte, cultivée donc …

 Oui, mais en revanche je pense qu’ils sont très gâtés. Je me souviens, une des premières fois où j’ai allumé la télé quand je suis arrivée en France, il y avait des jeunes qui se plaignaient car ils devaient travailler à côté de leurs études et ça m’a beaucoup choqué. En Israël, on ne se pose même pas la question, c’est évident qu’on doit travailler à côté des études, mais aussi avant de les commencer pour pouvoir les financer. Donc d’une certaine manière, je trouve que les jeunes se plaignent beaucoup. Ils disent que c’est dur, que ce qu’ils font ne les intéresse pas, qu’il y a une crise économique …

 

 Selon toi, en quoi les jeunes Israéliens sont-ils différents?

 Je pense qu’ils sont plus dégourdis, ils foncent, ils ne se posent pas de questions, ils sont dans la survie. Ils ont besoin de gagner leur vie donc ils y vont et prennent ce qu’il y a. Ils sont très ambitieux quand ils sont au travail, ils essaient toujours de se surpasser, de mieux faire.

 

 La notion de dépassement de soi a l’air importante en Israël…

 Oui, en Israël, les jeunes sont constamment en dépassement, ils mettent de côté les sentiments qu’ils ressentent comme l’inquiétude ou la solitude. C’est un aspect que je retrouve peu chez les jeunes en France. Ici, les Français sont très proches de leur ressenti, ils disent par exemple « non là je ne le sens pas donc je ne fais pas » mais parfois, il ne faut pas attendre de ressentir, il faut juste faire pour s’en sortir. J’ai donc l’impression que parfois, ils ont donc du mal à se faire violence. Mais bon au final, il manque aussi un peu de sentiments en Israël…

 

 Est ce que la société israélienne met en valeur sa jeunesse ?

 Oui, dans le monde du travail on préfère les jeunes que les plus âgés. Ils aiment leur dynamisme, leur motivation, leur côté novateur. En Israël, on embauche les jeunes et on les forme, il y a un réel investissement.

 

Est-ce que les jeunes israéliens trouvent du travail facilement après leurs études ?

 C’est parfois difficile mais ils prennent ce qu’il y a. Ils ne choisissent pas. Je n’ai pas eu beaucoup d’amis au chômage, moi non plus je n’ai jamais connu ça. Par exemple quand j’étais étudiante, je faisais un stage et je travaillais en plus. Quand tu sors de l’armée, tu peux de fait rester au chômage pendant six mois pour trouver du travail mais au final, les jeunes essaient tout de suite de se débrouiller, c’est assez mal vu de ne rien faire.

 

 Comme en France, vous devez faire des stages pour trouver du travail ?

 Oui on doit souvent faire des stages. Moi j’en ai fait un pendant quelques mois et je n’étais pas payée du tout. Mais il y a des stages qui sont rémunérés. Comme en France, il y a parfois des abus au niveau des stages, c’est vrai que c’est révoltant mais moi j’ai senti que je n’avais pas le choix, il fallait que je fasse quand même ce stage même s’il n’était pas rémunéré.

 

 Qu’est-ce qui est important dans la vie des jeunes Israéliens selon toi ?

 Fonder une famille est une vraie préoccupation en Israël. Les jeunes se marient tôt par rapport en France. Je crois que la famille prime sur le travail même si avoir un métier est aussi très important pour les jeunes israéliens.

 

* le prénom a été modifié

12:00 Écrit par Julia Van Aelst dans Regards d'étrangers | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

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