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17/01/2012

Michael, 27 ans, de Washington / Chicago

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Originaire de Washington et de Chicago aux Etats-Unis, Michael vit en France depuis quatre ans. Après avoir mené ses études dans différentes villes françaises (Angers, Lyon et Grenoble), il travaille aujourd'hui dans une grande agence de communication/publicité à Paris.


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Michael, pourquoi es-tu venu étudier et travailler en France?

 J’ai été élevé dans une famille très francophile. Mes parents et mon frère parlent français, et quand j’étais petit, nous habitions Paris. J’ai étudié le français et je suis parti faire mes études à Angers.  J’habitais avec une famille française, tous mes cours étaient en français et j’ai pu me faire des amis et voyager. Ensuite, je suis passé par Paris, Lyon et j’ai fini mes études supérieures à Grenoble. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré ma petite-amie qui est française. Finalement, j’ai eu mon Master Bac+5 en communication d’entreprise et management international, et après avoir postulé un peu partout, j’ai eu la chance d’être recruté dans une grande agence de communication à Paris.

 

Quel est ton job en France?

Depuis juillet 2010, je travaille chez New BBDO en tant que chargé de clientèle dans la publicité et les médias digitaux pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique). C’est très enrichissant et je gagne 2700 euros par mois.

 

Tu aurais touché un meilleur salaire si tu étais resté aux Etats-Unis?

Je sais que je pourrais gagner plus aux Etats-Unis car je connais bien les salaires dans mon secteur. Mais je vis avec ma copine depuis plus de quatre ans maintenant et je veux garder cet équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

 

En tant que jeune étranger, ressens-tu la crise économique et financière en France?

Personnellement, je ne la ressens pas trop car j’ai la chance d’avoir un job. Je trouve simplement que les loyers sont très chers à Paris et qu’il est difficile de trouver un logement. Par contre, j’ai des amis qui sont au chômage et je vois que c’est difficile pour eux. Donc oui je ressens les effets de la crise autour de moi, mais je me dis que la situation pourrait être bien pire. J’espère juste que les dirigeants européens vont arriver à s’entendre pour sauver l’euro.

 

Tu trouves la vie plus chère en France ou aux Etats-Unis ?

 D’une façon générale si on compare les prix euros-dollars, c’est certain que la vie en France est bien plus chère qu’aux Etats-Unis. L’aspect positif c’est que quand je vais aux Etats-Unis, je suis content d’avoir un salaire en euros, je peux en profiter ! En revanche, les loyers sont équivalents en France et aux Etats-Unis.

 

En tant qu’Américain, quel regard portes-tu sur la jeunesse française?

 Je trouve que la jeunesse française est très variée. Il y a ceux qui sont ambitieux, qui travaillent, qui réalisent des projets. Et il y en a d’autres qui sont empêtrés dans un cercle vicieux, comme les jeunes de banlieue. C’est du à une société assez raciste, pleine de préjugés. Mais il n’y a pas qu’en France que c’est comme ça.

 

Une société qui ne donne pas sa chance à tous ses jeunes ?

 Oui. Par exemple les jeunes d’Aubervilliers n’ont pas autant d’opportunités pour avancer que des jeunes qui sortent d’Henri IV ou d’HEC.Et quand des entreprises, qui ont déjà du mal à embaucher, leur propose un SMIC, un jeune peut se dire que c’est finalement mieux de vendre de la drogue car il gagnera dix fois plus d’argent. Mais bon, quand j’enseignais l’anglais à Lyon, j’avais des élèves qui venaient des quartiers difficiles et étaient bons, motivés et ambitieux. Il y a donc de l’espoir. 

 

Tu trouves que la société française met suffisamment en valeur sa jeunesse ?

 Ca dépend. Si tu es diplômé d’une grande école de commerce, d’ingénieur ou de l’ENA, ta vie de jeune est déjà sur la bonne voie. Alors que si tu sors d’une fac publique, tu as souvent du mal à te distinguer de ce groupe d’élites. Finalement le système français est assez bourgeois.

Les universités devraient donc mieux préparer les étudiants au monde du travail. Je trouve que dans beaucoup d’universités, il manque un vrai lien entre monde de l’entreprise et la vie étudiante. Aux Etats-Unis, il y a beaucoup de forums de l’emploi sur les campus. Il devrait y en avoir plus en France.

 

C’est différent aux Etats-Unis?

 La crise n’est facile pour personne. Mais aux Etats-Unis, les jeunes sont encouragés dès leur plus jeune âge à réaliser leurs rêves. Chez nous, on trouve des entrepreneurs millionnaires et même milliardaires comme Mark Zuckerberg, mais aussi beaucoup de start-ups lancés par des jeunes. Les investisseurs en capital-risque sont beaucoup plus à l’écoute aux Etats-Unis qu’en France.

 

Qu’est ce que les recruteurs américains regardent chez un jeune ?

 Aux Etats-Unis, tu as plus de chance de te démarquer auprès des entreprises quand tu sors d’une très bonne école, comme en France. Mais au final, c’est l’intelligence et l’expérience qui comptent. Par exemple, si tu as fait des études de littérature anglaise mais que tu es super motivé et que tu as les capacités pour travailler dans la finance à Wall Street, tu peux y arriver. Le système est beaucoup plus ouvert et plus flexible.

 

Quelles sont les difficultés que rencontrent les jeunes Américains ?

Le grand problème, c’est l’endettement des étudiants qui empruntent des sommes énormes pour faire leurs études supérieures. Barack Obama n’a fini de rembourser ses dettes de Columbia et de Harvard qu’en 2007 je crois!

 

 Tu es Américain mais tu vis en France. Tu suis les débats pour les élections de 2012?

 Oui, en fait je suis les élections françaises et américaines en même temps ! Et je trouve que les élections en France s’américanisent de plus en plus avec les débats télévisés, les programmes en Web 2.0, etc.

 

 Que penses-tu de Nicolas Sarkozy ?

 Je trouve que c’est un homme érudit, motivé et très ambitieux, mais souvent son ambition et son côté « je veux tout faire » donne l’image d’un homme arrogant. Il devrait plus écouter les Français qui vivent mal la crise et éventuellement leur proposer des mesures de solidarité.

 Sinon je trouve qu’il a pris de bonnes initiatives pour encourager l’investissement, l’entrepreneuriat et la croissance. Il a aussi su améliorer la visibilité de la France sur la scène mondiale. Aux Etats-Unis, on le respecte pour le rôle central qu’il joue en Europe, mais aussi pour cette sorte de reconnaissance qu’il a envers les Etats-Unis.

 

 Tu as une préférence pour certains candidats ?

 Je suis pour Sarkozy mais je regarde quand même le bon et le mauvais, à gauche comme à droite. Je n’ai pas vraiment envie que François Hollande gagne les élections car les socialistes renforcent souvent le rôle de l’Etat, ce qui veut dire plus d’impôts, plus de programmes sociaux et plus de dette. Mais je ne suis pas non plus d’accord avec la politique d’immigration de Sarkozy. Les autres candidats, sauf Marine Le Pen, ont peut-être de bonnes idées mais ils ne vont jamais gagner. La France, comme les Etats-Unis, reste un pays dominé par deux partis.


Pour suivre Michael sur Twitter: @AmExpatFrance

 

17:09 Écrit par Julia Van Aelst dans Regards d'étrangers | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

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