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05/01/2012

Marianne, 27 ans, doctorante

 


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Marianne, doctorante de 27 ans, fait partie de cette génération de jeunes pour qui les cotisations retraites ne sont plus vraiment la priorité. Elle se souvient de l’attitude de ses parents après les grandes manifestations de 1995, ils ont commencé à s’inquiéter : leur fille allait-elle suffisamment cotiser ? Mais Marianne a aujourd’hui d’autres priorités : « Les questions que je me pose c’est plutôt si je serai propriétaire avant l’âge de 40 ans ou si je peux fonder une famille et rendre un enfant heureux dans des bonnes conditions ». On sent la rupture générationnelle. De toute façon, Marianne a l’esprit pragmatique. Selon elle, le système va tellement évoluer que pour les jeunes d’aujourd’hui, il est inutile de se projeter. Et elle n’est pas la seule à penser de cette manière. Certains de ses amis ont fait un choix : ils préfèrent « bien vivre » plutôt que de mettre tout leur argent de côté pour un avenir qui reste finalement incertain.

 Marianne, elle, arrive à mettre environ 400€ de côté par mois, mais comme elle le dit, ce sont des « économies qui ne durent pas ». Elles servent en effet à payer les impôts, la taxe d’habitation, les livres qu’elle doit régulièrement acheter pour son travail de thèse, les allers retours en train qu’elle effectue pour rendre visite à ses parents près de Lille… Et avec son salaire de 1670 euros net par mois, il est parfois difficile de construire des projets.

 D’autant que son CDD de trois ans se termine en septembre 2012 et Marianne craint déjà la possibilité du chômage. Elle n’est pas dupe de la situation des jeunes, a un regard lucide sur sa génération : « J’ai des amis diplômés du même Master professionnel que moi qui sont restés jusqu’à un an et demi au chômage, j’en ai d’autres qui ont travaillé en entreprise pendant un an ou deux, puis ils sont devenus trop chers… »

 Marianne ne sait pas encore si elle restera dans le domaine de la recherche mais pour l’heure, elle est passionnée par son travail : « Je fais des entretiens, je vais observer, analyser. C’est très concret et ça ressemble un peu à du journalisme d’investigation ». Et elle aime profondément le sujet sur lequel elle travaille : l’écriture de la danse et ses enjeux. En parallèle, elle donne aussi des cours à des étudiants de Master 2 à la Sorbonne et écrit de temps à autre pour un journal municipal de Seine Saint Denis. Un emploi du temps chargé et pourtant, Marianne se demande parfois si elle est véritablement utile à la société : « J’ai une amie qui est au Rwanda pour six mois. Moi je rentre le soir, je suis fatiguée et sur mon canapé, je me demande ce qu’elle a fait pendant ce temps là. Elle a par exemple construit une école… ».

Ce qui rend heureuse Marianne, c’est l’art dans toutes ses formes, le piano, et Chopin. Ses étudiants aussi. Parfois elle quitte le brouhaha de la ville, « se coupe de tout sinon cela devient insupportable » ou tout simplement, fait des « pauses », comme une promenade sur les quais avec des amis : « et on est juste contents car on ne s’est pas vus depuis longtemps ».

 Marianne s’attend-elle à ce que la question du chômage des jeunes soit traitée par les candidats à l’élection présidentielle ? Bien sûr, au même titre que d’autres sujets qui lui tiennent à cœur comme la ségrégation et le droit des homosexuels. Mais selon elle, ce ne seront pas les candidats qui décideront de l’agenda mais l’agenda qui s’imposera à eux : « Les priorités vont tellement changer d’un jour à l’autre, tout devient prioritaire en ce moment ! »

 Mais pour l’heure, c’est bel et bien la crise économique qui continue à s’imposer dans les débats et pour Marianne, le Président actuel « est en train de s’imposer dans sa tentative de la gérer ». Pourtant, elle ne votera pas pour lui, le rejette en bloc : « C’est une histoire de valeurs, pas forcément de décisions politiques. Je ne supporte pas ses affiliations avec l’extrême droite, ses proches, notamment Claude Guéant, tous ses conseillers du soir, et ce qu’ils ont attisé dans la société ». Elle n’a pas supporté l’ère Sarkozy au ministère de l’intérieur, se souvient des propos du karcher, trouve le personnage « intelligent » mais « vulgaire ». Ainsi, c’est sans doute François Hollande, « homme brillant », qui bénéficiera du vote de Marianne, même si elle avoue qu’elle ne trouve pas le programme du Parti Socialiste franchement exceptionnel. Le premier homme de la gauche doit encore faire ses preuves...


Julia Van Aelst

 

 

 

19:19 Écrit par Julia Van Aelst dans A visages découverts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

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