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22/09/2011

Raphaël, 27 ans, chargé de communication

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Raphaël a 27 ans. Il est à moitié allemand et habite en colocation dans le 17e arrondissement de Paris, non loin de la place de Clichy.

Tous les mercredis matin, Raphaël part acheter le Canard enchaîné au kiosque à journaux le plus proche. Cela fait partie de son « petit bonheur au quotidien ». Ce qu’il aime aussi c’est se promener seul pendant des heures ou s’asseoir aux terrasses des cafés pour « regarder les gens et ne penser à rien ». Depuis peu, il s’est replongé dans les plaisirs de la lecture, ce qu’il ne faisait plus : « En fait, le temps tu le trouves si tu le veux vraiment ». Dorénavant, il bouquine dans le métro et dernièrement, c’est le célèbre roman La Route de Cormac McCarthy qui l’a « profondément ému, ce qui est rare pour un livre ».

Raphaël est donc un jeune actif cultivé qui s’intéresse à la vie culturelle et politique de son pays, il connaît d’ailleurs très bien le fonctionnement des institutions de la République. Cela lui vient notamment de ses études : droit public et européen à l’université de Nanterre et de Potsdam en Allemagne, puis management public dans une école privée.

Trois années ont passé depuis sa cérémonie de diplôme et Raphaël est aujourd’hui chargé de communication dans une fédération professionnelle. C’est son premier job et il gagne bien sa vie : 2100€ net par mois. « A l’heure actuelle, je vis bien, je n’ai pas de privations. Et ça, c’est la grande différence entre être étudiant et jeune actif, finalement on travaille pour être libre ». D’ailleurs il sent très peu la crise économique actuelle. Celle-ci lui a simplement mis des bâtons dans les roues à la sortie de ses études car le secteur dans lequel il cherchait a été durement touché. Résultat : 6 mois de chômage en 2009-2010.

Comme il se sent aujourd’hui privilégié par rapport aux autres, Raphaël « trouve normal de vouloir aider ». Cet esprit de solidarité, il le fait vivre quotidiennement au travers de ses convictions politiques, fortes. Il se définit lui-même comme un « social-démocrate à l’allemande » mais refuse d’appartenir à un parti, préfère rester libre. Des révoltes, il en a bien sûr et notamment sur la situation des séniors dans la vie active : « Je trouve ça dégueulasse qu’on allonge la durée du travail alors que passé 50 ans, tu deviens un has been et que tu peux être jeté. C’est symbolique du manque de respect qu’on a pour eux ». Les inégalités fiscales chez les plus riches le choquent également : « Entre le type qui gagne 100 000€ et l’autre qui gagne 300 000€, je suis pas sûr qu’il y ait une grosse différence en terme d’impôts ».

En 2012, c’est décidé, il votera donc Parti Socialiste, et notamment François Hollande, « plus pragmatique et plus consensuel » que sa rivale Martine Aubry. Car Nicolas Sarkozy, Raphaël n’en veut plus, trop de choses l’ont choquées au fil des années : « son attitude de Napoléon vis à vis de ses homologues européens, ce côté je veux plaire à tout le monde tout en favorisant une caste, sa manière de récompenser ses vassaux et de constituer une sorte de gouvernement bis avec ses conseillers ». La seule chose positive qu’il retiendra est « le fait qu’il ait vraiment essayé de faire bouger les choses et de dépoussiérer la politique ». Car finalement, Raphaël, adepte du consensus, ne voit jamais rien en « tout noir, ni en tout blanc ».


Julia Van Aelst

18:13 Écrit par Julia Van Aelst dans A visages découverts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

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