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05/09/2011

Elsa, 26 ans, Journaliste

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Elsa* est une jeune journaliste de 26 ans aux cheveux blonds et au regard bleu qui habite dans l’ouest parisien, un quartier qu’elle aime et qu’elle n’a pas voulu quitter après une enfance passée dans l’appartement haussmannien d’une famille aisée, bourgeoise.

Depuis trois ans et la fin de ses études à Sciences Po et l’université de Dauphine, elle travaille de jour comme de nuit pour une grande chaine d’information française. Il y a trois ans, c’était 2008 et la chute de Lehmann Brothers.  Elsa est donc entrée sur le marché du travail en pleine hécatombe économique et financière. Elle ne s’y attendait pas : dans le milieu des Grandes Ecoles, il était alors de bon ton de promettre une certaine prospérité à ces étudiants considérés comme la future élite. Mais en 2008, les choses ont changé et depuis, les rêves professionnels se sont dissipés : « Aujourd’hui je m’estime heureuse d’être active pour une journaliste, mais la crise me bride. Par exemple, j’aimerais partir travailler à l’étranger mais je ne le fais pas car j’ai peur de ne pas retrouver un poste à mon retour. La crise nous oblige à nous enfermer sur ce que l’on a ».

Pour combler son besoin d’ailleurs et de voyages, Elsa consacre une partie de son budget à des week-ends en Europe. Son idéal ? Un week-end par mois en dehors de Paris qu’elle juge rapidement étouffant, mais ce n’est pas toujours possible. Alors elle sort dans la capitale, voit beaucoup ses amis qu’elle considère comme une condition à son bonheur et à son équilibre : « J’aime savoir que je suis bien entourée, qu’il y a des gens sur qui je peux compter quand je rentre le soir et avec qui je peux aller boire des verres quand j’ai eu une sale journée. »

Ses week-ends en France ou en Europe font d’ailleurs partie de son budget mensuel. Elle gagne en moyenne 2000 euros par mois en piges. Elsa se sent bien lotie, aimerait certes gagner un peu plus, mais l’argent n’est pas sa priorité : « Je ne cherche pas à gagner 4000 euros par mois, je n’ai pas besoin de plus. Pour moi, le bonheur ne passe pas par l’argent, si tu peux toujours partir en voyage ou avoir la voiture que tu veux, quel est l’intérêt ? »

Pourtant, avec ses 2000 euros par mois, la jeune journaliste a bien conscience qu’elle doit faire attention. La vie est chère à Paris, et avec son budget, elle n’a ni les moyens d’investir en immobilier, ni de s’offrir une voiture, qui selon elle, est « un gouffre financier ».  Et Elsa reste inquiète. Elle ne sait pas de quoi demain sera fait et comprend qu’il est loin le temps de la sécurité dont bénéficiait la génération de ses parents. Les siens, qui ont fait toute leur carrière dans la même banque, appartiennent à un électorat de droite traditionnelle. Leur fille a pour le moment, suivi leurs traces.

En 2007, encore étudiante à Sciences Po, elle avait écumé les meetings politiques de tous les partis et voté Sarkozy aux deux tours. Aujourd’hui, cette farouche pro-européenne qui se fait un devoir de voter à chaque élection, juge le bilan économique du Président plutôt positif : « La France s’en sort relativement bien comparé à d’autres Etats européens. Je trouve que la crise a été bien gérée et Sarkozy a été volontaire ». Et même si la jeune journaliste qu’est Elsa n’a pas été d’accord sur toute la ligne politique de Sarkozy, elle revotera pour lui en 2012, « faute d’alternative crédible et vu la crise dans laquelle on est ».  


Julia Van Aelst

* le prénom a été modifié

17:27 Écrit par Julia Van Aelst dans Anonymes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer |

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